05/2013 - "Quand les drones se mettent au vert" sur le site "lejeudi.lu" 23/05/2013

 

Quand les drones se mettent au vert


 Sebastien Meinbach - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 
Les engins volants télécommandés passent au civil afin de scruter la nature. En vue de créer de nouvelles applications, un partenariat vient de naître entre le CRP Lippmann et la société DroneLAB.
 
Popularisés pour leurs utilisations militaires et de renseignement, les drones explorent aujourd'hui de nouveaux territoires.
 
La miniaturisation toujours plus importante ces dernières années – tant des engins eux-mêmes que des équipements technologiques qu'ils emportent – a en effet permis de multiplier les applications civiles de ces engins volants télécommandés.
 
Ce dans les domaines les plus divers: secteurs agricole, environnemental, énergétique, médiatique ou même la sécurité publique.
 
Un marché donc en pleine expansion, qui suscite l'intérêt croissant d'institutions publiques et d'entreprises privées pour cette technologie. Au Luxembourg, le centre de recherche public (CRP) Gabriel Lippmann vient ainsi de signer une convention de collaboration avec la société DroneLAB, spécialisée dans la prise de vues, de films et de mesures aériennes via l'utilisation d'avions sans pilote.
 
Une coopération qui aura pour but de favoriser l'utilisation de cette technologie pour «différentes applications d'observation et de surveillance de l'environnement et notamment, pour des applications en agriculture et en viticulture», indique Lucien Hoffmann, directeur scientifique du département «Environnement et Agro-biotechnologies» (EVA) du CRP.
 
Chargé de la gestion durable des ressources naturelles à partir, entre autres, de données de télédétection, le département EVA compte ainsi s'appuyer sur cette convention pour développer des drones équipés de solutions spécifiques dans ce domaine, notamment de nouveaux types de capteurs.
 
Un choix notamment motivé par leurs multiples avantages sur les moyens conventionnels.
 
«En matière de surveillance de l'environnement, l'observation aérienne permet une spatialisation immédiate des données dans un large espace, contrairement à la récolte d'échantillons ponctuels sur le terrain. Mais jusqu'ici nous avions surtout recours aux satellites et aux avions, des moyens qui sont très dépendants des conditions atmosphériques, comme l'absence de nuages, pour que les données récoltées soient exploitables», appuie le directeur.
 
Volant généralement à basse altitude, les aéronefs téléguidés sont moins soumis à ces contraintes.
 
Agriculture de précision

 
Autre avantage, ces engins permettent une plus forte réactivité, tout en améliorant la fréquence et la précision des données. «Le pays n'a pas d'avion de surveillance. Il faut donc le faire venir de l'étranger. Les fenêtres d'utilisation sont très courtes, il suffit qu'il fasse mauvais pour que les données soient inexploitables. Et pour positionner un satellite à un endroit précis, plusieurs jours peuvent être nécessaires, tandis qu'il suffit de programmer le drone et de le lancer sur le terrain», poursuit-il.
 
Déterminer une zone de crue ou les foyers actifs lors d'un incendie deviendrait dès lors beaucoup plus aisé et rapide. Par ailleurs, leur utilisation a encore l'avantage d'être moins chère que les moyens aériens traditionnels.
 
Et diverses applications sont aussi pressenties pour l'agriculture. Selon le type d'équipement embarqué, les objets volants pourraient servir à estimer la maturité des raisins d'un vignoble ou l'étendue d'une maladie dans un champs.
 
«L'utilisation de caméras hyper-spectrales qui renseignent la composition des sols favorisera une agriculture de précision. En détectant les parcelles pauvres ou malades, on pourra cibler les traitements.»
 
L'emploi des drones civiles semble ainsi promis à un bel avenir. «Et c'est un exemple concret de partenariat public-privé qui permettra de développer de nouvelles activités dans le pays dans le secteur des hautes technologies», note Hoffmann.

 

Lien vers le site de l'éditeur

Imprimer